Hommage à Federico Garcia Lorca.
Federico Garcia Lorca a trente-huit ans lorsqu’il est fusillé à Grenade par des rebelles anti-républicains en 1936, au début de la guerre civile espagnole. L'Espagne perd alors non seulement un poète, mais aussi un guitariste et un metteur en scène.
"Le théâtre est une école de larmes et de rire, une tribune libre où l'on peut défendre des morales anciennes ou équivoques et dégager, au moyen d'exemples vivants, les lois éternelles du cœur et des sentiments de l'homme." Federico Garcia Lorca dans le Heraldo de Madrid, 1935.
En abordant l'œuvre sensible de Federico Garcia Lorca qui traite de la nostalgie, des problèmes du monde et des questions existentielles, Ton und Kirschen tente une nouvelle expérience et se lance dans une exploration sans fin à travers l'histoire de l'humanité, les pays et les époques. Un voyage riche en réjouissances, en découvertes et en expériences.
Ton und Kirschen est une troupe de théâtre ambulant créée
en 1992 par Margarete Biereye et David Johnston à Glindow, près
de Berlin.
Après 20 ans d'expérience au sein du théâtre
anglais Footsbarn Travelling Theatre, ils eurent l’opportunité de
s’installer et de fonder un théâtre à Glindow.
Ils ont depuis mis en scène 15 pièces de théâtre.
Aujourd'hui, Ton und Kirschen est une compagnie internationale
constituée
de 9 comédiens/ennes et musiciens/ennes originaires d'Allemagne,
d'Angleterre, de France et de Colombie.
La troupe joue souvent à l'étranger (France, Pologne, Inde,
Colombie, Corée, Maroc...), mais elle aime aussi jouer dans le Land
de Brandebourg, où elle a élu domicile. Ton
und Kirschen est une communauté théâtrale locale dont la patrie
est le monde.
Elle se déplace avec son théâtre, monte scènes,
lumières
et sons selon les besoins et peut jouer aussi bien en plein air qu’en
salle.
La troupe Ton und Kirschen est soutenue par le Ministère de la
science, de la recherche et de la culture du Land de Brandebourg.
Ton und Kirschen a reçu plusieurs prix internationaux, ainsi que
le prix des Arts du spectacle de l'Académie des Arts de Berlin/Brandebourg
en 1998.
Vendredi soir, les visiteurs du jardin du château de Lenzen ont
investi les gradins du théâtre itinérant Ton und
Kirschen jusqu’à la dernière place pour
y découvrir huit cadavres imprégnés d’amour
et de haine, de trahison et de jalousie, de soif de pouvoir et de cupidité,
sans oublier les jeunes vierges déflorées, les amants malaimés,
les mariées solitaires et convoitées. Le public s’est
ainsi retrouvé plongé dans des tragédies bouleversantes
peuplées de créatures malheureuses et envahies de sentiments
profonds. Avec sa pièce La Luna, Luna, la célèbre
troupe Ton und Kirschen a rendu un bel hommage
au plus important écrivain espagnol, Federico Garcia Lorca qui
possédait lui-même un théâtre ambulant en 1931.
La pièce est superbement mise en scène par Margarete Biereye
et David Johnston.
La vie du poète né dans les environs de Grenade en 1898 – et
représenté par une poupée et par un masque porté par
tous les comédiens à tour de rôle – s’étend
comme un fil rouge à travers une ribambelle d’extraits de
ses pièces, telles que « Noces de sang » ou
son recueil de poèmes, « Romances gitanes ».
Dans cet ouvrage, Federico Garcia Lorca lui-même est assis et entouré,
d’un côté par des gitanes tout droit sorties de son
imagination, et de l’autre, par le Général Franco
et sa milice. Ces derniers finiront par assassiner le jeune auteur en
1936 en raison de son regard critique sur la société. L’œuvre
du poète espagnol est empreinte de nombreuses allégories
et métaphores dont les thèmes principaux sont l’amour
et la mort, l’écoulement du temps et la terrible situation
dans laquelle est plongé le monde. Lorsque Ton und
Kirschen « laissent entrer la lune » -
en même temps qu’un taureau dont les cornes ressemblent à un
croissant de lune – les spectateurs comprennent alors la signification
du titre de la pièce La Luna, Luna. Et pour finir en beauté,
quoi de mieux que la chanson de Leonard Cohen, « Take
This Waltz », inspirée d’un poème
de Federico Garcia Lorca – scène durant laquelle la poupée
Lorca mange une orange, un fruit dans lequel le poète, de son
vivant, aurait tant aimé pouvoir se tapir. Et c’est ainsi
que s’achève
la pièce, tout comme l’auteur espagnol l’aurait
certainement souhaité : « with a garland of freshly
cut tears » (avec une fraîche guirlande de pleurs).
Kiebitz, Août 2011
Margarete Biereye et David Johnston
Regis Gergouin
Richard Henschel
David Johnston
Rob Wyn Jones
Nelson Leon
Rhona Pierce
Daisy Watkiss
Daisy Watkiss
Regis Gergouin
Nelson Leon
Daisy Watkiss
Josephine Biereye
MARIONETTES
Josephine Biereye
Nelson Leon
Daisy Watkiss
Steve Johnston
David Johnston
Catherine Launay
Ton und Kirschen Wandertheater, Glindow (D)
Ministère de la Sciene, de la Recherche et de la Culture de Brandenbourg (D)
A voir sur ce site de la même compagnie
PERPETUUM MOBILE